dimanche 29 juillet 2012

Le compte rendu de Yann, Team Leader

Salut, Yann. 
Porteur de projet, c'est un métier que tu connais. Mais dans un cadre sportif et associatif, c'est nouveau pour toi. Tu peux nous dire quelques mots sur cette formidable expérience :
Le plus dur :
Les problèmes d’internet à l’hôtel qui rendent tout plus compliqué, et diminuent les espaces pour profiter de l’évênement, et y apporter plus de convivialité car on doit piocher dans son sommeil. J’aurai voulu mettre sur le blog des comptes rendus plus précis sur ce qui s’est passé sur l’eau, mais la priorité des entraîneurs était sur le présent et ça n’a pas toujours été facile quand  je n’étais pas en mer pour prendre les photos. 
Il faut  aussi s’assurer que rien n’a été oublié pour que la délégation soit bien dans le tempo. 
Personne : ni enfant, ni coach ni parent n’avait fait un mondial OPTIMIST auparavant…

Enfin, passer 12 jours avec des gens qui ne se sont pas choisis et qui vivent  de manières si différentes  chez eux est un challenge ; finalement qui s’est bien passé grâce à l’objectif commun. La richesse de l’experience se situe là, heureusement s'est bien au delà des résultats obtenus.







Le plus sympa :  Tout le monde s’est donne a fond : Les enfants sur l’eau se sont battus avec le même sérieux tous les jours, aucun n’a lâché ; les entraîneurs étaient au plus près et ont maintenu, malgré leur évidente déception, une ambiance incroyable avec eux, en partie  grâce au chahut général d’aprés compétition qui était devenu une sorte de routine au même titre que les gréements et dégréements quotidiens que seule l’équipe de Singapour faisait à part nous.  Les parents enfin  qui ont été formidables jusqu’au dernier jour et ont apporté leurs temps et leurs compétences au groupe, sur place bien sur avec Hervé, Marie Christine,  Valérie, Vincent, Héléna mais aussi en France avec Olivier et son club parisien,  Philippe et les magnifiques tenues, sans oublier Martine qui a relayé avec passion et rigueur les infos sur le blog.


Pourrais tu nous en dire davantage, nous faire part de tes réflexions perso ?


1) La préparation : C’est à la fin de CIP que tout démarre. Cette année, la POP a négocié un retard de paiement avec l’organisateur et a laissé jouer la délégation avec un parfaite autonomie. La POP doit être simplement là pour valider la détermination du team leader et du coach juste après la CIP… je trouve très bien que le coach soit élu, après tout c’est lui qui a qualifié le plus d’enfants et il les connaît. Je trouve aussi normal, que de la même manière, le team leader soit choisi par les 5  familles, libre à lui comme cette année d’opter pour une prestation non défrayée impliquant la participation active de chaque famille. L’idéal c’est bien sur une bonne fête de la délégation le soir même ce qui permet de se connaître un peu mieux et va faciliter la communication écrite pour la préparation du mondial, mais ce n’est pas facile et n’a pas pu se faire cette année !


2) La  compétition
Elle est unique
Elle ne ressemble à aucune autre, le plateau est tout simplement extraordinaire et c’est ça qui en fait l’intérêt. Le lieu est inédit et cela n’a rien à voir avec une grande régate européenne comme Workum : La moitié des 100 premiers de ce mondial n’est pas européenne !
Les erreurs se paient  cash et si  un enfant ne conduit pas une tactique « prudente », il prend des risques qui peuvent le reléguer dans les 15 derniers de la manche même avec une bonne vitesse, il peut revenir, mais ici, c’est très très dur. Avec une seule manche retirée, cela n’encourage pas la prise de risque,  d‘autant plus que ce championnat n’a comporté cette année que 9 manches !
La navigation est globalement très correcte : Peu de réclamation
Le comité de course cette année n’a pas été à la hauteur : 3 manches pour les 4 couleurs auraient  pu être lancées en plus ; c’est avec internet le gros point noir 2012. Il y a un contraste absolu entre le sérieux de la préparation des délégations et la légèreté de l’organisation sur l’eau.  Le coût de chaque manche est considérable et L’IODA ne peut laisser cela se reproduire, par respect d’une part pour les enfants et les entraîneurs qui attendent sur l’eau et d’autre part pour les familles et les sponsors.

3) L’événement : Il est aussi unique. Ou trouver 250 enfants de 50 nationalités différentes partageant la même passion ailleurs ? Les échanges sont très riches avec le fameux troc de fin de régate, sans compter le escapades hors compétition pour découvrir le pays.


4) Le budget : Les familles se sont mises d’accord sur le budget de la préparation. Il va de la participation de l’équipe a des régates et à des stages en passant comme cette année par le renfort d’un 2éme coach, David. Si les familles sont ok, le budget peut monter, mais en aucun cas ne dépasser le plus petit du groupe. A ce propos, il n’est pas acceptable que des enfants ne participent pas à cette épreuve pour des critères de coût. Pourquoi la POP ne demande-t-elle pas 100 euros pour toutes inscriptions aux compétitions individuelles (Europe et Monde) et que cette somme ne vienne pas alléger la facture des 5 familles concernées ? Le budget resterait ainsi aussi raisonnable que la participation à une compétition européenne !


5) 2 entraîneurs ?  Pas facile d’organiser une préparation avec des enfants dispersés dans l’hexagone et …en Guadeloupe. Pour assurer, nous avons fait le choix de 2 entraîneurs. Benjamin et David, cela vaut-il le coup ? Malgré leur implication et tout le positif qui en est ressorti cette année, ce n’est pas indispensable au regard des coûts engendrés .


6) Relation Team leader-coach : Elle est déterminante. La proximité géographique du team leader et du coach est un point important pour faciliter la préparation surtout si l’un d’entre eux a un planning délirant et ne peut communiquer facilement. Si les 2 se connaissent tout sera plus facile et rapide… En bref, le team  leader coordonne tout avant la compétition, puis donne les rennes au coach pour la compétition en assurant pour l’équipe la meilleure assistance de la délégation sur place. Les entraîneurs ont pu ainsi se concentrer sur le cœur de leur métier et les enfants.


7) Les résultats : Ils sont très moyens alors on peut chercher et trouver beaucoup d’explication, car l’équipe était soudée, en pleine forme physique et gonflée à bloc par le travail de préparation, les entraîneurs en savent sûrement plus.
-       Aucun membre de la délégation n’avait participé a un mondial optimist avant.
-       Pas de participation française en 2011.
-       Le manque de temps de préparation sur place (championnat de France),
-       Le jet lag avec la chaleur pas encore apprivoisée,
-       La préparation s’est faite toujours avec des vents de plus de 12 nœuds,
-       Manque d’expérience en régate internationale pour certains enfants…
     Peut être faut il relativiser une bonne fois pour tous les résultats à cette épreuve au regard de la richesse de l’expérience qu’elle apporte. L’optimist n’est-il pas un outil de formation ? Il s’agit d’enfants de moins de 15 ans qui pour la plupart jouent. Les dérives de certains pays comme Singapour qui investissent des sommes considérables dans la classe n’y feront rien et il sera toujours passionnant de se mesurer à eux, même avec les moyens du bord qui sont pour l’instant surtout eux des familles .


8) La suite ? Chaque membre de la délégation est motivée pour renouveler cette expérience. 
Les français sont de retour au mondial OPTIMIST et espèrent bien que leur participation ne sera plus jamais remise en cause.

Tu peux nous montrer l'analyse que tu as faite sur ce Mondial ?
Oui, bien sur. C'est une analyse qui met en évidence les résultats et donc le poids de chaque nation :  Le lien pour consulter le tableau            

Yann, merci pour ces réponses et bravo pour ton implication dans cet événement.

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